En décembre 2008, depuis leur domicile, trois employés de la SSII Alten se connectent sur
Facebook.
Sur son profil, l'un d'eux indique faire partie du "club des néfastes", les deux autres commenteront d'un "bienvenue au club".
Cela aurait pu en resté là. Mais c'était sans compter sur un tiers, "ami" Facebook des employés qui, ayant accès à la conversation, transmet une copie de ces messages à la direction d'Alten.
Quelques semaines plus tard, l'entreprise licencie ses trois employés pour "incitation à la rébellion" et dénigrement de l'entreprise".
Si l'un d'entre eux a accepté un accord amiable avec l'entreprise, les deux autres ont décidé de l'assigner devant les prud'hommes. Car en effet, pour fonder ces licenciements, l'entreprise Alten s'appuie sur des discussions privés tenus sur le temps libre des salariés et par le biais de leur ordinateur personnel.
Cependant, l'affaire n'a pu être tranchée par le conseil des Prud'hommes de Boulogne-Billancourt ce 20 mai dernier, les conseilleurs étant partagés. Une prochaine audience se tiendra donc à une date encore non déterminée, mais cette fois devant cinq conseillers au lieu de quatre, le cinquième étant issu du corps de la magistrature.
On savait déjà que les recruteurs fouillaient parfois sur les
réseaux sociaux pour se renseigner sur les candidats. Mais voilà une affaire qui pourrait déboucher sur de nouvelles mises en garde quant aux propos tenus sur un service en ligne tel que Facebook...
L'avocat des plaignants déclare même que "c'est la porte ouverte à la délation. Si à l'avenir, on peut licencié sur des propos tenus sur Facebook, c'est la vie privée qui est menacée".